
LES 4 FEMMES FONDATRICES -1432
Quatre femmes. Une île. Un monde fondé sur la radition orale léboue
En 1432, selon la tradition orale léboue, après un périple millénaire qui les conduisit de l'Egypte à l'Afrique de l'Ouest, quatre familles quittèrent le Djolof pour s'installer sur la presqu'île du Cap-Vert. Elles étaient toutes dirigées par des femmes à une époque où la société léboue était encore matrilinéaire.
Leurs noms méritent d'être prononcés. Ces biographies sont fondées sur la tradition orale.

I. Djiguilane Samb
Djiguilane Samb est la première des quatre figures fondatrices de Ngor selon la tradition orale léboue.
Dirigeante de la famille Samb, clan dont le nom résonne encore aujourd'hui dans toute la communauté léboue de la presqu'île, elle conduit les siens hors du Djolof vers la côte atlantique.
Elle incarne l'audace du départ, quitter une terre connue pour une promesse de mer. Dans la société léboue matrilinéaire de l'époque, son autorité est reconnue sans contestation.
C'est elle qui choisit le territoire, elle qui décide de rester. Le clan Samb est aujourd'hui encore l'un des clans fondateurs identifiés dans la mémoire collective des communautés léboues de Ngor, Yoff et Ouakam, le triangle dit du "Tànk".
Vertu fondatrice : L'audace du départ.
II. Alima Fall
Alima Fall représente la deuxième des lignées fondatrices. Le nom Fall (l'un des plus répandus du Sénégal) porte en lui une autorité naturelle. Alima incarne dans la tradition orale la sagesse de l'alliance : c'est elle qui tisse les liens entre les familles, qui négocie les territoires, qui maintient la cohésion du groupe durant le voyage depuis le Djolof.
Dans la société léboue matrilinéaire, ces femmes transmettent non seulement le nom et l'autorité, mais aussi le droit à la terre. Celle qui s'est installée en premier, qui a défriché, qui a construit. C'est même elle qui donne son nom au territoire. Le clan Fall est l'un des piliers du droit coutumier lébou sur la presqu'île du Cap-Vert.
Vertu fondatrice : La sagesse de l'alliance.
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III. Diaté Ndiack
Diaté Ndiack est la troisième fondatrice. Son clan apporte avec lui les savoirs de la terre : comment cultiver le mil sur les sols sableux du littoral, comment faire paître les moutons sur une île volcanique, et comment nourrir une communauté quand la mer est trop forte ?
Avant que l'île de Ngor ne devienne un lieu de villégiature dans les années 1950, ses ancêtres faisaient exactement cela : traverser en pirogue pour faire paître les bêtes et récolter le mil.
Diaté Ndiack est la mémoire agricole et nourricière de l'île. L'île était alors, avant toute chose, une terre nourricière, pas une carte postale. Un champ, un pâturage, un garde-manger communautaire géré par des femmes.
Vertu fondatrice : La mémoire de la terre.
Clan Samb · Chef de famille · Djolof → Cap-Vert · 1432
Clan Samb · Chef de famille · Djolof → Cap-Vert · 1432
Clan Fall · Chef de famille · Djolof → Cap-Vert · 1432
Clan Ndiack · Chef de famille · Djolof → Cap-Vert · 1432
Sine Diop est la quatrième et dernière des fondatrices. Son nom de famille est le plus courant du Sénégal.
Le clan Diop est l'un des plus ramifiés et influents de toute l'histoire sénégalaise. Sine Diop incarne la continuité : après le voyage, après l'installation, après les premières saisons difficiles, c'est elle qui assure que les rites seront transmis, que les cérémonies auront lieu, que les génies tutélaires seront honorés.
Le culte traditionnel lébou, le rapport aux génies tutélaires et à l'ancêtre commun constituent encore aujourd'hui le ciment des relations entre les villages de Yoff, Ngor et Ouakam (le triangle du Tànk).
Sine Diop en est, selon la mémoire orale, l'une des gardiennes fondatrices.
Vertu fondatrice : La gardienne du rite.
Clan Diop · Chef de famille · Djolof → Cap-Vert · 1432
IV. Sine Diop
Contexte : pourquoi ces femmes dirigeaient elles leurs clans ?
La société léboue des origines était matrilinéaire : le nom, la terre et l'autorité se transmettaient par la mère. En 1432, au moment du départ du Djolof, les femmes étaient les chefs naturels des clans. Ce n'était pas une exception, c'était la règle. Ngor, Yoff et Ouakam forment le triangle dit du « Tànk », les trois villages lébous fondateurs de la presqu'île du Cap-Vert. Ces communautés partagent les mêmes ancêtres, les mêmes rites, les mêmes génies tutélaires. Ce lien remonte à 1432, aux quatre femmes qui ont dit : ici !












